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Travail et Emploi

Rupture conventionnelle : procédure, indemnité et homologation

Comprendre la rupture conventionnelle du CDI : entretien, convention, délai de rétractation, homologation par la DREETS et calcul de l'indemnité minimale. Guide pas à pas pour salarié et employeur.

Rédigé par Nadia Belkacem, Juriste en droit du travail et des affaires 10 min de lectureMis à jour le 8 août 2026
Délai
Environ 4 à 6 semaines entre le premier entretien et la fin du contrat
Coût
Gratuit. L'indemnité de rupture est à la charge de l'employeur

Les etapes de la demarche

  1. 1Prendre l'initiative de la rupture (salarié ou employeur) et proposer un entretien
  2. 2Tenir au moins un entretien pour convenir des conditions de la rupture
  3. 3Rédiger et signer la convention de rupture fixant la date de fin et le montant de l'indemnité
  4. 4Respecter le délai de rétractation de 15 jours calendaires après la signature
  5. 5Transmettre la demande d'homologation à la DREETS (ou télédéclarer sur TéléRC)
  6. 6Attendre l'homologation (15 jours ouvrables) avant la fin effective du contrat

Documents requis

  • Convention de rupture conventionnelle signée par les deux parties
  • Formulaire de demande d'homologation (Cerfa 14598 ou télédéclaration TéléRC)
  • Bulletins de salaire des 12 derniers mois pour le calcul de l'indemnité
  • Reçu pour solde de tout compte remis à la fin du contrat
  • Certificat de travail et attestation France Travail

La rupture conventionnelle, un départ négocié

La rupture conventionnelle permet à un employeur et à un salarié en CDI de mettre fin au contrat de travail d'un commun accord. Contrairement au licenciement ou à la démission, elle repose sur le consentement mutuel et ouvre droit aux allocations chômage. Encadrée par le Code du travail, elle suit une procédure précise qu'il faut respecter pour être valable.

L'initiative et l'entretien

La rupture conventionnelle peut être proposée par le salarié comme par l'employeur. Aucune des parties ne peut l'imposer : le refus de l'une met fin au projet, sans conséquence sur la poursuite du contrat. Une fois l'accord de principe trouvé, au moins un entretien est organisé pour discuter des conditions du départ. Le salarié peut se faire assister par un membre du personnel ou un conseiller du salarié, et doit en informer l'employeur.

La convention de rupture

L'accord se formalise dans une convention de rupture. Ce document fixe la date de fin du contrat et le montant de l'indemnité spécifique de rupture. Cette indemnité ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, calculée en fonction de l'ancienneté et du salaire de référence. Rien n'interdit de négocier un montant supérieur.

La convention doit être établie en autant d'exemplaires que de parties, chacune devant en conserver un original. L'absence de remise d'un exemplaire au salarié peut entraîner la nullité de la rupture.

Le délai de rétractation

Après la signature, chaque partie dispose d'un délai de rétractation de quinze jours calendaires. Pendant cette période, l'employeur ou le salarié peut revenir sur sa décision, sans motif, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Ce délai protège le consentement des deux parties.

L'homologation administrative

À l'expiration du délai de rétractation, la demande d'homologation est adressée à la DREETS, généralement par télédéclaration sur le portail TéléRC. L'administration dispose de quinze jours ouvrables pour vérifier le respect de la procédure et le montant de l'indemnité. En l'absence de réponse dans ce délai, l'homologation est réputée acquise. Le contrat ne peut prendre fin avant l'homologation.

La fin du contrat et les documents remis

Au terme de la procédure, le contrat prend fin à la date convenue. L'employeur remet alors au salarié les documents de fin de contrat : le reçu pour solde de tout compte, le certificat de travail et l'attestation destinée à France Travail. Le solde de tout compte détaille les sommes versées (indemnité de rupture, congés payés, salaires restant dus) et doit être établi avec rigueur.

Sécuriser sa rupture

Une convention de rupture claire et un reçu pour solde de tout compte conforme protègent employeur et salarié en cas de contestation ultérieure. Disposer de modèles à jour, respectant les mentions imposées par le Code du travail, permet de mener la procédure sereinement et d'éviter les vices de forme susceptibles d'invalider la rupture.

Juriste en droit du travail et des affaires

Nadia accompagne les contenus liés au travail, à l'entreprise et à la création d'activité. Elle s'assure que les modèles (lettres, statuts, attestations) respectent le Code du travail et le droit des sociétés, et que les guides restent accessibles aux non-juristes.

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Questions frequentes

Quel est le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle ?

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Elle se calcule sur la base de l'ancienneté et du salaire de référence : un quart de mois de salaire par année pour les dix premières années, un tiers de mois au-delà. Une convention collective plus favorable ou une négociation peut prévoir un montant supérieur.

Puis-je toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?

Oui. La rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation chômage versée par France Travail, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation. C'est l'un de ses principaux avantages par rapport à une démission, qui n'ouvre en principe pas de droits.

Puis-je revenir sur ma décision après avoir signé ?

Oui. Chaque partie dispose d'un délai de rétractation de 15 jours calendaires à compter de la signature de la convention. La rétractation se fait par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge, sans avoir à se justifier.

L'employeur peut-il refuser une rupture conventionnelle ?

Oui. La rupture conventionnelle repose sur le consentement mutuel : aucune des deux parties ne peut l'imposer à l'autre. L'employeur comme le salarié peuvent refuser d'engager la procédure ou de signer la convention.

Liens utiles : Télédéclarer la rupture (TéléRC) · Simulateur d'indemnité de rupture · Rupture conventionnelle (service-public.fr)